Préambule :
Il faut tout
d'abord prendre conscience que le chien est un chien ! Il ne réagit
donc pas comme un humain et n'a pas les mêmes codes que nous ni
les mêmes besoins. Lui prêter des attitudes humaines par
anthropomorphisme peut aboutir à le " détraquer ".
Il s'agit d'un
animal qui a une forte demande de repères sociaux et hiérarchiques.
Vous l'aimez ? Alors répondez à ses besoins : pour son
équilibre il lui faut un chef de meute sur lequel il puisse compter.
Chef de meute et notion de hiérarchie
:
Dans un groupe
(2 chiens, 1 chien/1 humain
) il faut un dominant : cela doit être
vous. Dans le cas contraire, le chien aura vite fait de prendre la place
du chef de meute et les responsabilités qui vont avec (même
s'il ne se sent pas capable de l'assumer
) ce qui aura pour effet
de provoquer chez lui des réactions indésirables (angoisse,
agressivité etc
).
Le chef de meute
doit être juste, serein, constant et logique. Sa présence
est rassurante car c'est lui qui va au delà des difficultés
et protège la meute.
Il a des privilèges
que vous devez mettre en place : ce sont des messages simples mais puissants
dans la construction des repères hiérarchiques. Ne pensez
pas " qu'il vous en voudra " c'est tout le contraire car vous
lui donnerez les moyens de s'épanouir et de trouver ainsi son
équilibre.
- La nourriture
: en tant que chef de meute, vous devez manger avant lui et n'avez pas
à le regarder manger.
- Le chef de meute
occupe une place du territoire privilégiée. Le chien ne
devrait donc pas dormir dans votre chambre ou, s'il le fait, ne doit
jamais dormir sur votre lit. Son lieu de couchage (panier) ne devrait
pas non plus être installé dans les endroits " stratégiques
" d'où il contrôlerait ce qui se passe (entrée,
couloirs
). Par contre son panier doit représenter un endroit
sécurisant et bien à lui où il peut se réfugier
: laissez le donc tranquille quand il y est.
- Vous prenez les
initiatives et non le chien (même pour le jeu, les caresses
).
Le chien doit passer après vous, au sens figuré comme
au sens propre (ex : lorsque vous passez une porte).
Les premiers jours :
Ils peuvent
être relativement angoissants pour le chien : trajet, nouveauté,
perte totale de repère
Il vous faudra donc le rassurer sans
pour autant le conforter dans son angoisse ! C'est à dire lui
parler d'une voix douce et rassurante, mais aussi le laisser tranquille
afin qu'il puisse de lui-même prendre ses repères. Votre
sérénité sera pour lui la meilleure aide pour trouver
la sienne. Et n'oubliez pas que les principes de hiérarchie et
d'éducation se mettent en place dès le début :
il vous observe !
La solitude :
Habituez le à rester seul :
- En commençant
par de très courtes durées (quelques minutes).
- Ne lui faites
pas vivre d'émotions fortes (jeux, câlins
) juste
avant votre départ.
- Banalisez votre
départ ainsi que votre arrivée. Même lorsque votre
chien vous fait la fête pour votre retour, ne lui consacrez toute
votre attention que lorsqu'il se sera apaisé. Cela peut paraître
dur mais il n'en est rien : dites vous que vous agissez pour le bien
de votre compagnon et non pour vous-même. Vous aurez par la suite
tout le loisir de le câliner ! D'autre part, il faut savoir qu'il
s'agit là du comportement naturel d'un chef de meute qui rentre
sur son territoire.
La propreté :
Beaucoup de
choses se disent ou se font au sujet de l'apprentissage de la propreté,
dont beaucoup d'erreurs! Commençons avec ce qu'il ne faut pas
faire.
Premièrement,
il ne faut pas, comme on l'entend (trop) souvent, lui mettre le nez
dedans! D'une part, il est absurde de penser que cela va dégoûter
le chien : ceci est une conception purement humaine, il n'y a qu'à
les observer renifler l'urine pour se rendre compte qu'ils n'en éprouvent
pas la moindre répulsion. D'autre part, en faisant cela, on envoie
un message qui n'est pas celui que l'on souhaite, qui a pour objet l'urine
au lieu de l'endroit où il ne faut pas uriner. Ce qui peut même
pousser le chien à faire disparaître son urine ou ses crottes
en les ingurgitant (coprophagie), ce qui, évidemment, n'est pas
souhaitable!
Deuxièmement,
si le chien a fait ses besoins en votre absence, il ne faut pas le gronder
car il ne ferait pas le lien entre son "délit" et votre
colère. Ce qui n'amènera qu'incompréhension ou
mauvaise compréhension comme, par exemple associer les réprimandes
au retour du maître. Bref, cela ne peut que le plonger dans une
situation anxiogène.
Il ne faut pas
nettoyer ses besoins devant le chien car là encore, il pourrait
mal l'interpréter (jeu, attention...). De même, il ne faut
pas nettoyer avec des produits qui contiennent de l'ammoniaque ou de
l'eau de javel car leur odeur l' inciterait au contraire à recommencer
au même endroit. Ce qui nous amène à ce qu'il faut
faire.
Il faut donc
nettoyer, avec un mélange d'eau et de vinaigre blanc (ou avec
des produits conçus pour les chiens), en son absence.
Les chiots ne
peuvent pas se retenir aussi longtemps qu'un adulte. A titre indicatif,
on compte, en général, une "sortie hygiénique"
toutes les (âge en mois + 1) heures. Par exemple pour un chiot
de 3 mois, toutes les (3+1) = 4 heures. Il faut le sortir après
les repas, après une sieste et dès que l'on voit les signes
précurseurs (le chiot renifle le sol...).
Chez le chien,
la propreté consiste à ne pas faire ses besoins là
où il dort; il faut donc lui apprendre à faire ses besoins
là où cela va faire plaisir au maître. Lorsque le
chien a fait ses besoins à l'endroit désiré, il
faut, bien sûr, le féliciter. Attention à le féliciter
une fois qu'il a terminé et non lorsqu'il est en train de faire
(ce qui enverrait un tout autre message)!
Enfin, il faut...de
la patience!!!
Education :
Dites vous bien
que l'animal est un être logique contrairement à l'être
humain, alors soyez cohérent ! L'exemple, peut être le
plus représentatif, se rencontre lorsqu'un chien a fait une "
bêtise ", que le maître l'appelle et le réprimande
quand il arrive à son niveau ! Le chien se dit " je n'y
comprends plus rien
il me dit de venir, moi je fais ce qu'il me
demande et il me gronde ! La prochaine fois qu'il me dit de venir, je
ne sais pas si j'irai !
).
A un ordre correspond
un mot et doit être le même pour tous les membres de la
famille
par exemple " viens !" et non " allez viens,
qu'est ce que tu attends ? Veux tu venir ici, je t'ai dit de me rejoindre
!"). Les chiens peuvent reconnaître des ordres mais ne sont
pas censés connaître notre langue!
L'apprentissage
doit être associé au positif et non au négatif :
il vaut mieux provoquer les situations où il va bien faire et
le féliciter plutôt que le punir pour qu'il " comprenne
".
Si vous devez
le gronder faites le sur le moment même, en étant bien
sûr qu'il a assimilé ce que vous attendiez de lui, et jamais
en différé . Avez vous remarqué que le verbe "
gronder " montre que notre mode de communication a des similitudes
avec le leur : " gronder " = " faire entendre un bruit
sourd et menaçant ". Ce qui d'ailleurs nous amène
à dire que lorsque vous lui dites " non ", il faut
dire " Non ! " ( pas " ce n'est pas bien ce qu'il a fait
le toutou à sa mémère ! " ;-) ) sans pour
autant hurler !
Toute la cellule
familiale doit adopter les mêmes principes et les mêmes
ordres.